Publié par cocktailRH

Par pitié laissez le partir ! Comment accompagner un salarié démissionnaire

2016 semble être l’année du changement autour de nous ! On ne sait pas ce qu’il se passe mais d’un coup un vent de démission a soufflé. Et comme vous nous suivez régulièrement, vous savez déjà tout de l’art de claquer sa dem.

Alors, une fois passée l’euphorie du “Tu sais quoi, aujourd’hui j’ai claqué ma dem’ !”, vient le temps du “comment ça se passe la période de préavis ?”. Et étant donné les retours d’expérience recueillis, on a eu de quoi faire un article.

Par pitié laissez le partir ! Comment accompagner un salarié démissionnaire

L'instant T ou tout dérape

Dans la tête du salarié démissionnaire : Vous étiez surexcités, vous avez décroché un nouveau boulot / Vous vous lancez dans de nouvelles aventures / Vous en avez vraiment trop marre de votre boss. Bref, le moment est venu, une pointe de stress vous noue l’estomac, c’est le moment, il faut claquer sa dem’ ! Et la, vous n’aviez pas du tout anticipé la réaction de votre cher et tendre manager...

La réaction du manager : “Si c’est une question de rémunération, on peut en parler”.

Ce qui est ressenti par le collaborateur : "Whhaaatt ? non mais attend, si c’était une question d’argent, je ne te claquerais pas ma dém, comme ça d’un coup, d’un seul, je t’aurais envoyé des signes bien avant. Sache que tu pourrais me proposer une augment’ de 100 K, je partirai quand même ! Non mais oh !"

 

Ce que nous en pensons : Bon clairement, une démission n’arrive pas comme ça. Le rôle du manager c’est de détecter les pertes de motivation de ses équipes. Et lorsqu’un membre de celle-ci veut partir, c’est bien souvent pour des raisons assez éloignées de la fiche de paie (bien que ça puisse en être une des motivations, on ne va pas se mentir). Avec ce type de réaction, on se dit juste que le manager n’a rien compris à la situation, un peu de recul ne lui ferait pas de mal !

Cherchez plutôt à comprendre les raisons qui le pousse à partir. Si vous estimez qu'il est important de le retenir cela vous donnera des billes pour faire une contre-proposition. Sinon, prenez ça comme une occasion d'avoir un retour direct et honnête sur la perception de votre équipe, le management ou l'organisation générale du travail.

 

Le préavis : ou l’art de faire durer le supplice jusqu'au bout

Dans la tête du salarié démissionnaire : Vous avez claqué votre dem’, mais voila le hic, vous avez 3 mois de préavis ! Alors bien sûr, c’est ce qui est prévu dans le code du travail, blablabla, mais la réalité, c’est que :

1/ votre nouvel employeur vous veut au plus vite (ce même employeur, qui vous demandera d’effectuer l’intégralité du préavis quand il s’agira de le quitter, mais bon, passons).

2/ Vous aimeriez bien prendre un peu de vacances : parce que oui, 2 semaines pour avoir le temps de souffler sachant que vous n’aurez pas de vacances avant plusieurs mois, c'est pas complètement déconnant.

La réaction du manager : “ Je vais voir ce que je peux faire pour réduire ton préavis, mais bon tu as signé pour les 3 mois hein !”.

Ce que nous en pensons : 3 mois pour les cadres, ça peut être très, mais alors vraiment, très long. Le risque ici, c’est que le collaborateur soit tellement frustré de ne pas pouvoir partir plus tôt que sa frustration se répande à l’ensemble de l’équipe ! Non seulement, cela va dégrader l’ambiance générale, parce que travailler avec quelqu'un qui n’a qu’une envie c’est de partir, ce n’est pas très agréable. Mais en plus, voir quelqu'un se tourner les pouces toutes la journée en se plaignant, ça ne va pas tirer l’équipe vers une grande efficacité !

 

Au vu de ces deux exemples (et encore on vous a épargné des situations ubuesques), voici notre petite liste de conseils made in Cocktail RH pour manager qu’on veut quitter :

1/ Un collaborateur qui démissionne, ne vous quitte pas vous, en tant qu’être humain ! Enfin… qu’on se comprenne, votre style de management peut y être pour quelque chose, mais c’est le manager qu’on quitte, pas la femme/l’homme que vous êtes. Une fois que vous aurez intégré ça, cela vous permettra de prendre un peu de recul, et d’éviter les réactions stériles du style “puisqu’il veut partir, je vais le faire chier jusqu’au bout”. N'oubliez pas, vous ne venez pas de vous faire larguer !

 

2/ Accompagner le collaborateur qui veut partir et l’équipe dont il fait partie valorisera votre management. C’est évident non ? Pour l’équipe, vous serez le manager qui comprend ses collaborateurs, les accompagne dans leur développement même si c’est à l’extérieur de l’entreprise.  Vis à vis du salarié, vous terminez la collaboration en bon terme, sur une note plutôt positive. En plus, si votre collaborateur a une tendance à se répandre auprès de ses collègues, l’accompagner rapidement vers la sortie, vous évitera de gérer les dommages collatéraux.

 

3/ Une séparation intelligente entraîne des conséquences positives. Le monde est petit non ? D’autant plus à l’heure des réseaux sociaux ! Un bon départ fera de votre salarié un bon ambassadeur de votre boite et pas seulement sur la toile. Il pourra faire part de son expérience positive au cours de toute sa vie professionnelle et personnelle. Alors bien sûr, vous pouvez penser que le côté ambassadeur est un peu bullshit, c'est sur qu'il y a peu de chance que votre ex-collaborateur aille faire une conférence TedX pour dire à quel point vous avez bien géré son départ. Cependant, il vaut mieux prévenir que guérir surtout en matière de réputation !

 

Ce que nous en pensons : Bien évidemment, il faut adapter sa réaction à chaque situation, et vous pouvez nous donner mille exemples qui viendront contredire cet article. Cependant, un départ mal géré peut entraîner des conséquences lourdes sur l'équipe restante en termes de motivation, de sentiment d’appartenance, et d’adhésion à l’entreprise. Par ailleurs, si vous ne voulez pas dégrader votre image employeur (à cause du grand méchant glassdoor, mais pas que), faites les choses bien !

Pour terminer, n'oubliez pas que cette situation risque de se produire de plus en plus. Il nous semble bien loin le temps ou on intégrait une entreprise à 18 ans pour y passer toute sa vie (et tant mieux, parce que ça nous fait quand même flipper). Aujourd'hui changer d'entreprise régulièrement est très courant, il faut donc accepter que vos collaborateurs ne vous soit pas fidèle à vie !

 

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