Publié par cocktailRH

Equipe multi-culturelle = multi-problème?

Travailler avec des collaborateurs venant d’horizons différents, on se dit tout de suite, chouette ! Nous allons pouvoir parler anglais, apprendre des expériences de chacun, découvrir  de nouvelles cultures, et travailler ensemble sans problèmes ! Nous en avons discuté autour de nous et là, les réactions étaient franchement mitigées :

« Ce qui est bien avec les singapouriens, c’est qu’ils travaillent S-U-P-E-R bien ! A peine tu leur as envoyé un mail pour leur demander quelque chose, qu’ils te répondent déjà ! C’est le top ! »

« Mon collègue est allemand… travailler avec lui c’est comme faire un service militaire, il est froid, très direct,  et très organisé. C’est un peu un cliché, mais bon c’est la vérité! »

« Avec les russes beaucoup de choses peuvent se traiter au "bania" (aux bains), c'est-à-dire en secret, et non dans les bureaux. Ils aiment les intrigues et ne te considèreront que si tu as un lien hiérarchique avec eux ! »

Bon tout ça nous a un peu refroidis, et puis on est en plein dans le stéréotype et le préjugé, non ? Et bien pas tant que ça… pour travailler dans une équipe multiculturelle, il va falloir quelques adaptations.

Travailler ensemble mais différemment 

Commençons par un exemple simple: la notion du temps et... du retard! Si en France un retard de 10-15 minutes est presque considéré comme le fameux "quart d'heure de politesse", ce n’est pas le cas partout, et ça peut être ressenti comme un vrai manque de respect, par nos amis british par exemple !

Pour les réunions,  le concept même  peut différer d’une culture à une autre : en France, les réunions sont très souvent plus un moment d’échange qu’un moment de prise de décision (à notre grand regret, car c’est un symptôme de la réunionite aigüe) alors que pour un japonais c’est souvent juste une occasion d’annoncer des décisions déjà prises. Avant la réunion, l’accord entre les participants a déjà été établi.

Et pour se dire bonjour ? Alors là, accrochez-vous ! En France, on commence tout de suite par se serrer la main et se faire la bise, par contre le vouvoiement est de rigueur lorsqu’on se rencontre pour la première fois. En Espagne, c’est tout l’inverse… se serrer la main n’est pas habituel, par contre le vouvoiement sera mal perçu, il donnera l’impression que vous voulez mettre une barrière.

Communiquer, oui mais comment ?

Que vous décidiez de parler français car la ou les personnes d’une autre culture maîtrisent le français, ou que vous échangiez en anglais ou autre, quelques adaptation de communication seront nécessaires.

Pour limiter les risques de conflits interculturels, voici quelques  ingrédients  du cocktail de la communication multiculturelle (selon Canney Davison et Ward -1999):

  • Parler moins rapidement (et oui, cela facilite la compréhension)
  • Ne pas utiliser d’expressions idiomatiques (essayez donc d’expliquer l’expression « faut pas pousser mémé dans les orties à un étranger !)
  • Ne pas utiliser d’allusions ou d’images
  • Etre conscient des significations multiples ou ambiguës (oubliez le sarcasme par exemple !)
  • Simplifier les idées complexes par plusieurs idées simples
  • Reformuler les points importants
  • S’assurer de la compréhension de l’autre avec des paraphrases
  • Utiliser des supports visuels

Laissez le temps au temps

Enfin n’oublions pas que l’esprit d’équipe ne se crée pas en un jour (tout comme Rome au final), un temps d'adaptation est nécessaire à l'équipe multiculturelle afin d'optimiser la relation de travail. Il paraît même que les expatriés en équipes multiculturelles ne sont donc efficaces qu'à partir d'un an.

 

Une bonne pratique : Etablir les règles de vie de l’équipe

Vous êtes le manager d’une équipe multiculturelle, il vous faudra trouver l’équilibre entre les valeurs de chacun de vos collaborateurs (qui pourront donc être liée ou pas à leurs nationalités) et les valeurs de votre entreprise.

Pour cela définissez les règles de vie de votre équipe notamment en termes de ponctualité, de délai de réponses à un email,… Restez également à l’écoute avec un esprit ouvert pour détecter les conflits potentiels et les désamorcer au plus vite.

Ce que nous en pensons : Manager ça s’apprend, manager une équipe multiculturelle encore plus ! Alors n’oubliez pas que pour que l’expérience d’une équipe multiculturelle soit un succès, il faut que le manager soit préparé, afin qu’il insuffle à son équipe les bonnes règles de vie de l’équipe. Par ailleurs, si vous devez intégrer un nouveau collaborateur étranger dans une équipe franco-française, pourquoi ne pas lui faire suivre également une formation sur « comment travailler avec les français ? », et oui nous ne sommes pas non plus toujours facile à vivre !

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